Historique des sites

Chefchaouen

Chefchaouen a recueilli les réfugiés musulmans après la chute de Granada. Les nouveaux habitants ont construit leurs maisons aux couleurs très claires en bleu/blanc avec des petites portes qui donnent dans des patios typiquement espagnols. Pour atteindre la médina, le coeur de Chefchaouen, il faut passer sous l'une des sept portes qui entourent la ville. La porte Bab El Ayn est l'une des principales. Non loin, se dresse la Kasbah construite au XVIIème siècle par Moulay Ismaïl pour défendre la ville des envahisseurs. Avec une vingtaine de mosquées et de sanctuaires, Chefchaouen respire une atmosphère de profonde sérénité ou il fait bon flâner dans les ruelles pavées de galets, de rêver sur différentes placettes ombragées par quelques figuiers en buvant un thé à la menthe.

Fès

Première capitale du royaume en 808 avec Idriss II, puis deux fois encore au XIIIème siècle avec les Mérinides et au XIXème siècle sous le règne de Moulay Abdallah, centre spirituel et culturel du Maroc traditionnel, Fès se débouble en Fès El Jédid (La Nouvelle) et Fès El Bali (L'ancienne). En 818 de l'Hégire, plusieurs centaine de familles musulmanes, chassées d'Andalousie par les armées chrétiennes, s'installèrent sur la rive droite de l'oued Fès. Sept ans plus tard, 300 familles kérouanaises s'établirent sur l'autre rive.

Meknès

Juchée sur une colline comme sur un trône, Meknès impose aux regards son caractères de ville impériale. Cité prospère née dans la terre fertile du Moyen Atlas, elle fut élevée au rang sacré de capitale par le sultan Moulay Ismaïl dont l'ambition débordante justifia seule la mesure des travaux engagés. Trente mille personnes furent réquisitionnées pour faire du rêve d'un unique homme une incroyable réalité. Des dizaines de palais rivalisant de beauté, de somptueuses mosquées, des places décorées, des portes monumentales, des demeures gracieuses, des bassins profonds, des kasbahs, de vastes jardins, des bastions et des kilomètres de murailles furent élevés ensemble pour fonder une cité dominée par ses minarets verts émeraude.

Casablanca

Capitale économique, Casablanca concentre 60 % des entreprises dont toutes les industries de pointes. Son port ne bénéficiait pas d'une rade naturelle, alors Casablanca a bâti la fantastique jetée Moulay Youssef, longue de 3 180 mètres. Il est ainsi devenu le premier du Maroc, le quatrième d'Afrique. La mosquée Hassan II est érigée sur l'océan et ressemble à une nef divine. Sa salle de prières peut accueillir 25 000 fidèles, son esplanade 80 000. Edifié sur pilotis, ce monument de deux hectares a le plus haut minaret du monde (200 m), un toit ouvrant qui transforme en trois minutes la salle des prières en un magnifique patio.

Rabat

Ville blanche, Rabat s'est construite au-dessus d'un fleuve comme au-dessus d'un miroir. S'y reflètent aujourd'hui des siècles chargés d'histoire qui ont fait de cette ancienne cité Almohade la plus impériale des villes impériales : la Ville Royale. Installée à l'embouchure du Bou Regreg, Rabat est la capitale administrative et politique du Royaume. Elle accueille en son sein le Palais Royal, le siège du gouvernement et l'ensemble des ministères. A l'abri derrière ses remparts, elle offre l'apparence d'une ville au climat tempéré, à l'atmosphère paisible, presque provinciale. Charme des jardins des Oudayas, grandeur de ses monuments, magie de la nécropole de Chellah, immensité de ses places dorées, splendeur inagalée du golf Dar Es-Salam, Rabat n'est pas uniquement royale pour ses seuls habitants, mais pour chacun de ses visiteurs.

Larache

Marquée par les invasions espagnoles et arabes successives, l'architecture de Larache diffère d'un quartier à l'autre. La configuration de la ville ancienne est de type arabe, tandis que les habitations de la ville moderne adoptent un style andalous. Le boulevard Mohamed V traverse la ville moderne et conduit à la place de la Libération, dont les maisons à arcades rappellent le passé andalous. La porte Bab El Khémis relie la ville moderne à la médina et permet d'accéder à un marché très animé. Le château de la Cigogne est le plus célèbre édifice de Larache, construit par les Portugais.

Assilah

Située à une quarantaine de kilomètres de Tanger, sur la route menant à Rabat, Assilah s'élève sur l'ancienne cité carthaginoise de Zilis. Les remparts, édifiés au XVème siècle par les portugais, donnent d'un côté sur la mer et de l'autre sur la ville. Trois portes monumentales et un passage discret permettent d'entrer dans la médina. Assilah se blottit, toute blanche, tendrement maquillée de bleu, derrière ses remparts qui ne la protègent aujourd'hui que des ardeurs de l'océan.

Essaouira

D'après la tradition, après la fondation de Carthage en 814 avant J-C, des marchands puniques se sont dirigés vers l'extrême Occident, en passant les colonnes d'Hercule vers la côte Atlantique méridionale pour y installer des comptoirs. Ils y nouèrent des contacts commerciaux avec les populations indigènes et fonderont ainsi ce qui sera le port de la future ville d'Essaouira, qui demeurera la position phénicienne la plus méridionale jamais trouvée par les archéologues. Protégé des alizés et riches en eau potable, le port a conjointement eu une fonction militaire notable et servi de poste avancé sur la route du Cap-Vert et de l'Equateur. En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale, d'où les corsaires iront punir les habitants d'Agadir en révolte contre son autorité. Il fait appel à l'architecte français Théodore Cornut, un avignonnais disciple de Vauban, pour lui confier la réalisation de la nouvelle ville. Il édifia le port et la kasbah. La seconde ceinture de remparts et la médina ont été bâtis après son départ. Depuis cette période faste, la ville est rebaptisée Es Saouira, la "bien dessinée" à cause de la grande régularité de son plan. Les atouts d'Essaouira sont : l'huile d'argan, son artisanat avec notamment diverses fabrications à base de thuyas, sa richesse culturelle (peintures, sculptures) et deux festivals, le premier le festival des Gnaouas et Musiques du Monde, le second le festival des Andalousies, ses poissons que l'on peut acheter directement sur le port de pêche, ses plages de sable fin.

El Jadida

A cause de son emplacement stratégique sur la côte ouest du Maroc, les Portugais fondent la ville de Mazagan en construisant une forteresse vers 1506. Cette nouvelle ville devint très vite un port commercial de première importance grâce aux produits agricoles de la région de Doukkala. Le Maroc a essayé de libérer la ville pendant plus de deux siècles. Les Portugais ont dû transformer le grenier en citerne pour stocker l'eau potable. La présence portugaise a durée jusqu"en 1769 quand la ville a été libérée par le sultan marocain Sidi Mohamed Ben Abdellah. De la date de la lbération de la ville et jusqu'au XIXème siècle, la ville était détruite et portait le nom de Mahdouma (en ruine). Le sultan Moulay Abderrahman décida de restaurer la forteresse en 1832 et de reconstruire ce qui a été détruit. Il la baptisa El Jadida ou la Nouvelle. Le 30 juin 2004, lors de la 28ème session du comité du patrimoine mondial, la ville portugaise de Mazagan (El Jadida) est proclamée patrimoine mondiale.

Marrakech

Marrakech, surnommée la Perle du Sud et la ville rouge se situe dans l'intérieur des terres, au pied des montagnes de l'Atlas. Elle a été fondée en 1062 par Abu Bakr Ibn Omar, souverain et cousin Youssef Ibn Tachfin, roi de la dynastie berbère des Almoravides. Le nom Maroc provient de la déformation de la prononciation portugaise de Marrakech : Marrocos. C'est la quatrième plus grande ville du Maroc après Casablanca, Fès et Meknès. Le nom de Marrakech vient du tamazight Mour qui signifie "pays" et Akouch qui veut dire "Dieu", ce qui donne "la terre de Dieu". Marrakech grandit rapidement et s'imposa comme une métropole culturelle et religieuse influente. Des palais furent édifiés et ornés avec le concours d'artisans andalous. La ville fut ensuite fortifiée par Ali Ben Youssef lequel fit édifier vers 1122- 1123 des remparts encore visibles. Les Almoravides furent exterminés par les Almohades. Ceux-ci construisirent de nombreux palais et édifices religieux, comme par exemple, la célèbre mosquée de la Koutoubia bâtie sur les ruines d'un palais almoravide. La Kasbah abrita la résidence califale. En 1269, Marrakech fut conquise par les nomades zénètes. Après 400 années de dynasties berbères, le XVIème siècle voit l'arrivée au pouvoir des arabes. Les riches Saâdiens furent responsables de l'unification du Maroc. En 1659, les Alaouites arrivèrent au trône et dirigent toujours le pays à ce jour. Un des sites le plus représentatif de cette période d'histoire se trouve dans la Kasbah. Dans un petit jardin, les tombes du XVIème siècle de la dynastie des Saâdiens sont parmi les meilleurs exemples d'art islamique. En 1912, le traité de Fès reconnu le Maroc comme étant un protectorat français. Le quartier commercial et résidentiel de Guéliz, hors médina, fut complété peu de temps avant que le Maroc ne redeviennent indépendant en 1956.

Demnate

C'est une ville rurale berbère de l'Atlas construite environ l'année 998, 40 ans avant Marrakech, par les habitants des différentes tribus de la région, essentiellement les Inoultan et Infedouak, qui décidèrent d'en faire un centre commercial les réunissant afin d'échanger leurs marchandises et discuter des questions de sécurité et de stratégie.

Le nom de la ville, Demnate, est un nom pluriel tiré du vocabulaire de l'agriculture, synonyme en tachelhit de la région de "terres fertiles", son singulier est Ddminte ou Tadminte et son pluriel Ddemnate ou Tadminine. Il est utilisé de nos jours par les agriculteurs traditionnels pour désigner les terres qui donnent plus de fruits sans nécessiter la fertilisation par les engrais.

La couleur verte caractérisant la ville en la voyant en vue générale, est connue dans le milieu artistique, surtout chez les peintres et les plasticiens, par "la couleur vert demnati".

Cette ville est le siège du caïd Madani Glaoui , qui gouverne la province de Demnate : au nord, les Sraghna, à l'est les Ntifas et les Ayt Boualli, au sud les pentes supérieures du grand Atlas et à l'ouest, les Glawa et les Zemran.

Demnate est entourée d'une enceinte rectangulaire de murailles crénelées, garnies d'une banquette et flanquées de tours. Trois portes donnent entrée dans la ville. La Kasbah a son enceinte à part et est bordée de fossés qui ont 7 à 8 mètres de large sur 4 à 5 mètres de profondeur et sont en partie remplis d'eau. Au milieu, s'élèvent la mosquée principale et la maison du caïd.

Toutes les constructions de la ville sont en pisé, rien n'est blanchi, sauf la demeure du caïd et le minaret qui l'avoisine. Le reste est de la couleur brun sombre qui distingue les habitations depuis Boul Jaad.

Le commerce de Demnate, florissant autrefois, a fait la richesse de la ville. Toutefois, le sultan envoya un Amin d'une rapacité telle que le trafic ne fut plus possible. Tout ce qui passait les portes de la cité était frappé d'un droit arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines et les caravanes du sud désertèrent ce marché et se portèrent en masse sur Marrakech où elles se fournissent à présent.

Demnate est entourée de toute part par d'admirables vergers, les plus vastes du Maroc. Au milieu d'eux sont disséminés une foule de villages se touchant presque (les douars), qui forment comme des faubourgs de la ville. Ces jardins sont renommés, leur fertilité, leur étendue, la saveur et l'abondance de leurs fruits, les excellents raisins qui s'y récoltent sont légendaires.

A proximité de la ville, un site naturel magnifique, le site d'Imi n' Ifri. C'est un lieu très prisé par les habitants de Demnate, mais aussi par les voyageurs. On y vient non seulement pour se rafraîchir, se protéger de la chaleur, se baigner, mais aussi pour se promener dans cet endroit formé d'un pont naturel.